Archives de Tag: secret.life

Rincée

Par défaut

Aber 3.jpeg
l’Aber désert gris
lavé rincé roulé mouillé
ça crépite aigu sur la vitre ouest et plus mat sur le toit de la voiture
les rouleaux accourent du large à l’assaut de la plage
immense déserte grise mouillée roulée rincée
c’est blanc c’est gris et les limites du monde :
buée sur les vitres / brume basse sur le marais et l’ile Aber

il est 16h, 9°, le 30.12.2015 en presqu’île de Crozon

en début d’après-midi chez S.
la sérénité puissante passé le seuil
percute l’agitation des fins d’années
elle porte un vieux modèle de pull
Saint-James marine
toute une histoire

Vents courants

Par défaut

Vents verts, vents gris chers à Xavier Grall, de retour.

Quittant Kerloc’h, le sentier désert monte vers l’ouest, roches millénaires feuilletées.

En contrebas une longue houle atlantique jusqu’à la plage.

En face, la côte de Dinan découpée, fauves, ocres, verts, et gris.

Thévennec et La Vieille, sur l’horizon ligne gris lumière.

Là bas le Raz, la Pointe du Van, Sein invisible. Et au-delà…quoi ?

Toute la vie là
dans les rafales qui poussent
la danse des herbes
les bruyères brûlées sous le tournoiement des oiseaux de mer.

Plus tard l’incendie précède la nuit.

Aucun ailleurs, aucun autre temps.

[Kerloc’h > La Tavelle ]

26

Par défaut

Le matin au petit déj, dans le lit devant télé-nuages, on dévore des oursons guimauve.
A Landerneau trop de monde pour Giacometti, alors le pont habité, le ciel qui se couvre, une galerie d’art contemporain.
Le lendemain (ou peut-être était-ce la veille), on mange un incroyable gâteau-coco-cierges-magiques avec les garçons.
Plus tard on roule jusqu’au Cap de la Chèvre, de nuit, les vitres ouvertes, parce que c’est la pleine lune. On roule dans la nuit en écoutant Les Brigitte,. Tu photographies de faux giraflous aux façades éblouies des maisons de Morgat.
La lune est pleine, et la vie est belle.

Nocture

Par défaut

Dans la nuit très tard je m’accoude à la fenêtre ouverte. Pleine lune, tout au sud-est sur la rade. Immobiles jardins. Immeubles éteints. Rues désertées. A la lisière du port les girafes-loups assoupis. Tout à coup déferlent des vagues de brume, au dessus de la rade d’abord, puis de la ville. Comme des fantômes glissants, elles engloutissent la lune, les lumières du port, les girafes-loups, et prennent corps dans le faisceau des lampadaires. Ainsi vivent les jardins, la nuit, en ville.

Paimpol, ou le parfum de l’éternel retour

Par défaut

pl
La vue bleue sur les îles depuis le haut de la rue du lycée, les mimosas en fleurs, exubérance jaune.
Dans la nuit fraiche un apéro sur le port, et cette énorme lune nordique au dessus de la maison rouge et bleue.
Au matin sous un soleil déjanté, le circuit des falaises à 40 km/h, fière allure et ronron du moteur.
La maison des filles où je reviens toujours, et puis cette rue où je ne passe jamais.

Soudain les arbres frissonnent

Par défaut

Presque 18h, Crozon.
Flotte un air de neige.
Il fait nuit maintenant.
Les décors de Noël dans l’ombre.
Seules les vitrines allumées.
Quelques gouttes
portant mémoire de lointains flocons.
Du granite de l’église fuit
une lumière diffractée par les vitraux
Arc-en-ciel de nuit.
Les passants se hâtent vers leur fin de journée
Anonyme.

A peine plus tard
dans l’allée gravier du manoir
la nuit immobile
et la haute silhouette
aux fenêtres allumées.
cela, se découpe sur un sombre ciel
bosselé de nuages
où perce une lune en voie de plénitude

[est-ce-qu’on dit plénitude, pour la lune ?]

Les limites du monde sont là
l’instant
la nuit
la lune et le feu
le silence et les nuages
le ronron du poêle.

La journée ainsi s’achève
dans le calme oubli du soir.