Archives de Tag: poésie

Les gens, à l’extérieur, parlent une autre langue.

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ompio1.

En contre-bas
En contre-bas scintille le lac
la lumière, l’été,
et cette chaleur qu’ailleurs, jamais.
En contre-bas dans la vallée
ici sur le contrefort de la montagne
luxe de fleurs, luxe d’arbres
et ciel bleu, pur, dur, luxe.
Les lattes de bois de la terrasse
et puis, le ciel.

2.

La gare
Une double voie. Radicale droite.
Deux bancs, verts, en bois,
des feux d’aiguillages.
C’est perdu dans la campagne,
et mon train : raté.

3.

Près de la gare, l’église.
Devant l’église, la vieille.
Moi sous le porche, mon livre.
Porte ouverte sur la fraicheur,
mais soleil de plomb.
A la main, ses fleurs, et le sourire offert.

4.

Trouver quelque chose, ici.
Pas chercher, trouver. Ici.
Vies imperméables, états temporaires,
des histoires et des mobiles.
(Aucun crime pourtant)
C’est au soleil du matin
des voix, des rires.
C’est le présent
dans les parfums épicés.

5.

Les gens, à l’extérieur,
parlent une autre langue.

Le moment de dire l’indicible

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glaçons– Qu’est-ce que la poésie ? demanda le prêtre.
– C’est le mystère ineffable, répondit Yuko. Un matin, le bruit du pot d’eau qui éclate dans la tête fait germer une goutte de poésie, réveille l’âme et lui confère sa beauté. C’est le moment de dire l’indicible. C’est le moment de voyager sans bouger. C’est le moment de devenir poète.
Ne rien enjoliver. Ne pas parler. Regarder et écrire. En peu de mots. Dix-sept syllabes. Un haïku. Un matin, on se réveille. Il est temps de se retirer du monde pour mieux s’en étonner. Un matin, on prend le temps de se regarder vivre.

[Maxence Firmine, Neige]

Cette incroyable lumière d’hiver

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A dix heures, presqu’encore nuit.
On dirait le jour ne va jamais se lever.

Queue de la comète/tempête : ciel jaune et noir, trombes d’eau sur les fortifs.
Pluie et vent tout le jour.

Sans cette incroyable lumière d’hiver.

Envie du souffle coupé, sans savoir si le vent ou le plaisir.

Toujours quelqu’un te raconte les flamboyants ailleurs
et tu le crois.

Que tu sois là
ou non
tout continue

Toujours quelqu’un et
cette incroyable lumière d’hiver.

Corps & âmes

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On cherche à comprendre
on ne peut rien comprendre
on marche au long des rues sans penser à rien
essayant de retenir des larmes
on se sent perdu mais tout est déjà enfui
passé, irrémédiablement perdu
on reste seulement avec la chute interdite des sens
et ce poids de pierre inexprimable
au creux des membres
on ne sait plus ce que sont un visage,
un semblable
rien n’est reconnaissable
c’est un jeu sans personne avec la violence du disparu
et l’irrésumable brûlure du mot amour

[Patrick Laupin, in Corps & âmes]

Solstice d’hiver et fin d’un calendrier maya

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LIEU DE L’UNITE

Le lieu de rendez-vous entre deux êtres
sera toujours un lieu unique.

Le réel ne sera jamais réel
sans l’imagination et inversement.

Poussières d’étoiles dans les yeux des eaux,
poussières d’eau dans les yeux des étoiles.

Ce n’est qu’un soir de lune que la licorne boira
à la source même de la vie.

[Nikolaï Kantchev, Anthologie personnelle]