Archives de Tag: Patrick Laupin

Corps & âmes

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On cherche à comprendre
on ne peut rien comprendre
on marche au long des rues sans penser à rien
essayant de retenir des larmes
on se sent perdu mais tout est déjà enfui
passé, irrémédiablement perdu
on reste seulement avec la chute interdite des sens
et ce poids de pierre inexprimable
au creux des membres
on ne sait plus ce que sont un visage,
un semblable
rien n’est reconnaissable
c’est un jeu sans personne avec la violence du disparu
et l’irrésumable brûlure du mot amour

[Patrick Laupin, in Corps & âmes]

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Jour d’octobre

c’est comme un train
il trace au loin la ligne des rails, et puis ses feux, rouges presque plus, déjà plus train.
Alors le livre. Arpenter la voie, saisir les indices, goutte à goûter les mots
Une lumière caresse, et le dire des jours
je me suis laissée saisir.
Le souffle lourd des pierres au plomb du soleil, et
je, éblouie de ses mots, et la voix, distincte, écho.

Jour d’octobre

c’est comme un train et déjà plus
Persistance d’un froissement de vie trop tôt, et puis
Au sang de l’écriture, estafilade invisible des mots
jetés, poignée de sable ou d’étoiles, c’est selon
je me suis laissée saisir.

Fumeroles après l’averse, impalpable éther dans l’ivresse de la rencontre
loin du jour vide et lent et semblable

Ici la joie d’une source pure, au profond de l’être
et avant toute nuit.