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Le temps que l’eau se pose

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hnoir

Dans le cube, à Brest.

Nuit noire maintenant.

A l’ouest, presque nord-ouest, la lumière a fuit, jaune puis verte, bleue, puis marine et noire.

La dorsale de l’Ile Longue s’allume, les carrés dans les cubes voisins aussi,

et dans les rues, l’écho sphérique des réverbères urbains.

Septembre déjà, septembre encore : une chance.

Nocture

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Dans la nuit très tard je m’accoude à la fenêtre ouverte. Pleine lune, tout au sud-est sur la rade. Immobiles jardins. Immeubles éteints. Rues désertées. A la lisière du port les girafes-loups assoupis. Tout à coup déferlent des vagues de brume, au dessus de la rade d’abord, puis de la ville. Comme des fantômes glissants, elles engloutissent la lune, les lumières du port, les girafes-loups, et prennent corps dans le faisceau des lampadaires. Ainsi vivent les jardins, la nuit, en ville.

L’addition de la journée # 14

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C’est tard dans la nuit que j’avais rejoint mon lit.
Bien après l’extinction des feux à l’Hotel du Square.
Les lumières de l’arsenal brillaient, immobiles.
L’Ile Longue si claire qu’elle annonçait la pluie.
Réveil tard déjà, la lumière filtre par les volets.
Brest la grise flotte comme un mirage au nord.
Les piles du pont caressent le ciel tout proche.
Chaleur de la couette encore, lire comme un chat.
Volutes de thé hivernal dans l’atmosphère épicée.
En ville les lumières de Noël peinent à raviver le jour.
Chalands partout, dispersés cependant, affairés.
Vitrines où rien ne m’attire, choses ici trucs là.
J’ai RDV avec un inconnu pour un troc de billets de train.
Ensuite je me perds chez Dialogues.
Feuillette, feuillette, repose, repose, relis la 4ème.
N’achète pas. Me dis qu’il faudra s’en souvenir.
Du titre. De l’auteur. Sais que ça n’arrivera pas.
Plus tard, en bas de la rampe l’Abeille Bourbon est à son quai.
Marée haute. Tous les restaurants ouverts. Gris.
Du monde aux terrasses (des qui fument).
On ne voit plus la presqu’île, juste du gris.
Je remonte à la Vigie, je lance le CD de Norah Jones.
Sa voix égaie la pluie qui cingle  les vitres.
L’arsenal se noie, grues immobiles.
Je mange du bleu du Vercors avec de la salade bio .
Et du  pain au sésame bio. Du thé encore.
C’est le début du week-end. Tout à l’heure la route.
Passer le pont. Retrouver les gris de l’île presque.
Et parmi tous, mon préféré, le gris fou de tes cheveux.