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Au quai du siècle

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« Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. »

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[Pablo Neruda in Confieso que he vivido, J’avoue que j’ai vécu,
biographie parue en 1974 à titre posthume]

Rincée

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l’Aber désert gris
lavé rincé roulé mouillé
ça crépite aigu sur la vitre ouest et plus mat sur le toit de la voiture
les rouleaux accourent du large à l’assaut de la plage
immense déserte grise mouillée roulée rincée
c’est blanc c’est gris et les limites du monde :
buée sur les vitres / brume basse sur le marais et l’ile Aber

il est 16h, 9°, le 30.12.2015 en presqu’île de Crozon

en début d’après-midi chez S.
la sérénité puissante passé le seuil
percute l’agitation des fins d’années
elle porte un vieux modèle de pull
Saint-James marine
toute une histoire

115, équinoxe

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Marée d’équinoxe à l’Aber.

La chaleur encore à 18h.
La mer et se baigner encore.

Marcher dans les dunes.

Le marais, envahi par l’eau salée.
Le paysage, transformé.
L’ile, coupée.

Rentrer par la rive ouest.

Les coquilles d’oursins
petites blanches
transparentes presque
abandonnées par la vie :

« Regarde ! c’est ici qu’ils vivent! »