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Le temps que l’eau se pose

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hnoir

Dans le cube, à Brest.

Nuit noire maintenant.

A l’ouest, presque nord-ouest, la lumière a fuit, jaune puis verte, bleue, puis marine et noire.

La dorsale de l’Ile Longue s’allume, les carrés dans les cubes voisins aussi,

et dans les rues, l’écho sphérique des réverbères urbains.

Septembre déjà, septembre encore : une chance.

Chemin de poussière.

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Retour au Bout du Monde.
Retour au chemin poussiéreux de Landaoudec.
Partir au soleil. Avoir chaud sur le chemin.
Acheter un chapeau de paille, bleu.Flâner au fil des scènes, au gré des notes.
S’allonger dans l’herbe, au milieu de mille autres.
Regarder le ciel. Bleu. Fermer les yeux. Quand je les rouvre, l’ombre a gagné du terrain.
Ecouter la musique, enregistrer la rumeur. Hésiter entre rire et nostalgie. Choisir les deux.
Regarder le spectacle des autres, la vie bariolée, échevelé, insouciante -ici au moins-.
Essayer de se souvenir, un peu, ce qu’on s’est dit ici-même, ce jour-là.
Manger des frites, et de la glace pamplemousse.
Regarder la nuit tomber, le froid descendre, la lune se lever.
Bientôt, déclarer forfait. Rentrer à pied et dans la nuit, longtemps encore, le bruit sourd du Bout du Monde.

E Kerchagrin ’penn traoñ ar roz ’Weler eno ul liorzh gozh

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CD
Denez Prigent n’est pas un coup de coeur.
Je l’ai rencontré pour la première fois dans les ruines d’une abbaye littorale,
où il chantait, à capella, devant un  public confidentiel,
c’était à ses débuts, c’était peut-être en 1993 ?..
Depuis, à chaque concert la même émotion, la même sincérité, une vraie rencontre.

Il est la pierre angulaire de l’âme Bretonne,
qui assurément ne serait pas la même
sans son existence, si loin si proche…

Denez
7 ème album 

An enchanting garden – Ul liorzh vurzhudus

Après plusieurs années d’écriture, de voyages et d’expérimentations sur scène, le nouvel album offre douze compositions originales, une musique métissée, puissante et universelle, entièrement acoustique.

Intensité des émotions, énergie de la transe, mélange de couleurs et de rythmes, mélodies envoutantes, paysages sonores surprenants, et bien sûr sa voix unique et vibrante sont au coeur de ce nouvel album étonnant et magique.

Place à une musique-mosaïque luxuriante et solaire où les thèmes celtiques, grecs, slaves, tziganes et yiddish s’entrelacent et les instruments se relayent. Dans une danse Fisel, le cajon andalou, le violon manouche et la guitare en open-tuning fusionnent. Puis dans une Gwerz aux accents orientaux, le duduk arménien, le subois, le whistle irlandais s’harmonisent …

Denez joue avec brio de divers styles de chants traditionnels: Gwerz, marches, danse Plin, danse Fisel, Andro, en les déstructurant pour les amener là où on ne s’y attend pas.

Il réinvente dans une langue bretonne subtile une poésie séculaire.

Images fortes, signes, intersignes et symboles inspirés de la mythologie celtique irriguent cette poésie épique d’une beauté à couper le souffle qui nous immerge dans un univers onirique empreint de mystère, où les animaux dotés de paroles sont comme un trait d’union entre le réel et l’invisible et l’homme vit en harmonie avec la nature.

Il déclame dans un langage résolument neuf des histoires intemporelles où il est question d’amours malheureuses, de désillusion, de duplicité, de quête, et de bonheur retrouvé…

 An enchanting garden – Ul liorzh vurzhudus, album inspiré, d’une beauté fulgurante, emmène loin,  dans la profondeur du chant enraciné, incantatoire et sacré de Denez.

Site officiel : http://www.denez.fr/

Concerts :
09 Aoùt « Festival Interceltique » – Lorient 56
13 Aoùt « Les Jeudis du Port » – Brest (29)
14 Aoùt « Festival du Chant de Marins » – Paimpol (22)
02 Octobre « La Passerelle » – St Brieuc (22)
etc…

[titre extrait de Eostig Kerchagrin (Dans les brumes de Kerchagrin, On aperçoit un jardin…)]

* Et qu’une étoile brille en mémoire de Stéphanie *

Scènes d’un monde flottant

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Et soudain l’agitation orchestrée des lieux
le jardin indemne et gris
une longue table diagonale
repas de premier de l’an après tant d’autres
que l’on sent, ici, flottants
quelques variations pourtant, variations-nous

L’aujourd’hui furtif dans le toujours
et pourtant les variations
dans un temps que l’on n’arrête pas

Et puis, Tromel, la falaise désertée
tout ce gris, toute cette mer
et ce chemin en pente où déjà

Le lieu orchestré organisé encore
changement de personnages variations

Puis la nuit froide et les étoiles.

Carrés rouges sur fond gris

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Sous le gris humide
les courbes fauves du Menez-Hom
les arbres fantômes dans la brume
et les contours du monde, flous
dans le matin tardif

Par bribes entre les fumées humides
des éclats de baie marine
des langues de sable se devinent
là-bas au loin

A Douarn
il bruine
il pleut
il grise
il y a des lumières
des lumières d’avant Noël
il y a le Port-Rhu avec ses bateaux à quai
il y a le Scarweather mythique toujours là
et me reviennent les carrés rouges de Dilasser traçant sa vision
il y a les carcasses des bateaux de bois qui pourrissent en silence

il y a une adéquation particulière
moi – ce jour là – ce lieu là

A Douarn
il y a la ville brute
et le port qui travaillle
la brocante de Frédéric Poulot
la femme aux mosaïques
une sphère jaune – une sphère orange
il y a, surplombant la Plage des Dames
Le Bigorneau Amoureux où l’on déjeune
sans horizon car tout fuit en gris

A Douarn un jour de pluie