Archives de Catégorie: Rando

Terre de Sienne brûlée

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arrées

Partout présence granitique
grand vent sans obstacle

course de Brennilis à Brasparts
les roches brillent comme des diamants

cassures brutales du vent
écho aux fractures rocheuses

herbes brulées à-pics coco des ajoncs
et verticales souples des herbes fauves

alentour toute terre est brumeuse
et le lac, Yeun Elez au profond mystère

Retour au chemin de cailloux
cicatrice des Arrées.

Regarder la lumière

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A l’aube d’un matin d’été breton, nous faisons route vers le sud.
Le sud, Finistère.

Kerity-Penmarc’h. Grand soleil bleu, la lumière claque au  blanc ciselé de la lanterne d’Eckmühl.
Rando à la traverse du village, jardins fleuris et clos, cours marines, pierre des murs.
Et puis l’ancienne voie ferrée longeant le marais…

Midi aux dunes de Pors Carn et la plage caraïbe sur sable blanc et fin.

Plus tard on longe les roches de Penmarc’h, immense champ de cailloux balisé de signaux, le soleil tape fort, les maisons s’alanguissent, animaux marins échoués en sommeil.

Traversée du port de Saint-Guénolé, ici la vie travaille, vol affolé des goélands au-dessus des bateaux de pêche et ramassage d’étiquettes de criée…

A nouveau la haute silhouette d’Eckmühl et tout cela que l’été traine dans son sillage.

Plus tard encore, la nuit en haut du phare, presque  la nuit, sur le chemin de ronde.
L’espace déchiré chaque cinq secondes par le double faisceau de l’optique de Fresnel.
Découpe des côtes, humains là en bas, lumières petites, vent des hauteurs.
Vieilles légendes oubliées, mémoire des champs de roches devant Penmarc’h.

Au Poisson d’Avril, terrasse de bois sur le large et l’entrée du port du Guilvinec.
L’odeur de la nuit marine envahit la couchette de la capitaine où tu dors dans mes bras.
Par la fenêtre grande ouverte, clignotent les balises et les feux du port.

On dirait le sud.
Finistère sud.

C’est comme on avait dit un coin de paradis

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Dimanche, 13 juillet.
8h30 port de commerce.
Retrouvailles avec la Pen Ar Bed.
Crachin de grand coeff gris.
Combien de temps, depuis la dernière traversée ?
Belle-Ile, Ouessant, Sein…

Forêt de mats sur arrière fond de château.
Piles de Recouvrance.
Brest la grise, au sud la presqu’île disparue.

Tout fantôme hors le navire.
Gerbe d’écume à bâbord de l’étrave.
Flashs colorés des balises en mer.
Ilots comme des animaux marins.
L’Ile Longue et son nucléaire tapi dans la brume.
La Pointe des Espagnols.
Un ponton japonais.
Des pins parasols.
Landes et falaises forts et batteries désarmées amers.
Maisons avec vue.
Nords Ecosse landes éperdues.
Percée de soleil puis mer de plomb.
Ronronnement des diesels et puis

escale à Camaret.  Au quai l’agitation des transbordements. Ceux d’été. Famille, touristes équipés comme pour le Pole Nord et ceux en short-sandales, gamins crassoux ou total look Cyrillus, polaires et sacs-à-dos, casses-dalle dépassant du sac, bébés, chiens, tenues de villes et parapluies, si si, poussettes de rodéos. Mais pas tant de monde au final. Transbordement donc, avant le grand large. L’odeur des diesels. Traversée au large de la baie de Douarnenez. Le Toulinguet phare et sémaphore, à tribord Saint-Mathieu.  Là-bas le Cap Sizun, flou et brume.

Et puis
l’île.
d’abord un mirage sur l’eau
l’amer du grand phare
la cale de Men Brial
le gris se déchire l’azur prend place.

Quai des Français Libres.
Quai des Paimpolais.
Dispersion des gens.
Je prends le sentier du grand phare.

Voiles tendues sur une terrasse de bois, dernière maison sur le chemin, porte ouverte, une odeur de café, j’entre.
Dans l’atelier de Didier-Marie Le Bihan, un comptoir à l’ancienne, une machine à café, des galettes bretonnes bio, le bric à brac du peintre, devant la fenêtre des rayonnages de bois où chuchotent les céramiques de Christelle Le Dortz, en dessous quelques rayonnages de livres. Des chaises cannées, quelques fauteuils. Café. Un couple, pas tout jeune, en pleine discussion sur le tout-et-rien avec DM. Des habitués, venus du sud, et amoureux de Sein. On  parle sud, île, nécessité de ne pas, temps de vivre… Une bien chouette escale.

13 h au sommet du grand phare.
La carte de l’île grandeur nature sous mes yeux.
bleus verts vents pierre roche lande horizon amers
village église Pointe du Raz La Vieille Thévennec
loin en bas ronron régulier des diesels
en dessous aussi le vol des goëlands
sur le rail d’Ouessant silhouette d’un porte containers
l’eau calme étale Caraïbe
dans les flaques les laminaires
Redescente 250 marches. Exit le 360°.

Soleil de plomb, changement de décor. Crème solaire, débardeur, chapeau
le bleu acier du ciel et la ligne d’horizon nette comme une lame de couteau.

Au port les bateaux à l’ancre tirent sur leur longe
face à la Pointe du Raz, mer immobile.

[aucun gris
aucun bleu
seuls tes yeux]