Archives de Catégorie: Manoir

Scènes d’un monde flottant

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Et soudain l’agitation orchestrée des lieux
le jardin indemne et gris
une longue table diagonale
repas de premier de l’an après tant d’autres
que l’on sent, ici, flottants
quelques variations pourtant, variations-nous

L’aujourd’hui furtif dans le toujours
et pourtant les variations
dans un temps que l’on n’arrête pas

Et puis, Tromel, la falaise désertée
tout ce gris, toute cette mer
et ce chemin en pente où déjà

Le lieu orchestré organisé encore
changement de personnages variations

Puis la nuit froide et les étoiles.

Soudain les arbres frissonnent

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Presque 18h, Crozon.
Flotte un air de neige.
Il fait nuit maintenant.
Les décors de Noël dans l’ombre.
Seules les vitrines allumées.
Quelques gouttes
portant mémoire de lointains flocons.
Du granite de l’église fuit
une lumière diffractée par les vitraux
Arc-en-ciel de nuit.
Les passants se hâtent vers leur fin de journée
Anonyme.

A peine plus tard
dans l’allée gravier du manoir
la nuit immobile
et la haute silhouette
aux fenêtres allumées.
cela, se découpe sur un sombre ciel
bosselé de nuages
où perce une lune en voie de plénitude

[est-ce-qu’on dit plénitude, pour la lune ?]

Les limites du monde sont là
l’instant
la nuit
la lune et le feu
le silence et les nuages
le ronron du poêle.

La journée ainsi s’achève
dans le calme oubli du soir.

Dimanche tableau

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Fin d’après-midi dans le salon de la reine.
Dans la journée, il a fait beau, puis le vent s’est levé, les nuages sont arrivés.
La luminosité baisse et la nuit descend.
Dans le salon trois générations.
Eux, nous, elle.
Au centre du tableau, Elle, sur le tapis, avec ses coussins et son quignon de pain, ses jouets et sa bonne bouille.
Elle, gazouille, et sa petite présence occupe toute l’atmosphère, centre tous les regards.
On boit du thé rouge, en cercle, conversation facile, tout est calme et tranquille.
Par la fenêtre j’observe la nuit s’étendre sur le jardin, rapprocher les frontières du  monde…

Sur les pétroglyphes de tes bleus sanctuaires

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chevreuil furtif
chant du ruisseau
libellules bleues

graminées, nuage de poussière
sillage sous nos pas

champ de marguerites
boutons d’or
odeurs de foin
de sève du bois de pins
et de crottin de cheval

au loin le fjord

[Titre in Trois poèmes pour Annabel Lee, Edgar Allan Poe,
reprise par H.F.Thiéfaine]

Cette nouvelle année là

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Entre deux tempêtes.

A la nuit tombée nous allons à la plage de Goulien
vagues grises, vents verts
remercier pour cette année 2013, détacher les liens de ce qui s’en va
respirer les fragrances de 2014 qui, à son tour, s’amarre au quai du siècle

Feu de cheminée, famille, amis, mets délicieux
complicités, velours sombre et douceurs
dans les bulles du champagne rosé, 2014 et ses grands vents.