Archives de Catégorie: Littérature

Impressions directes

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D’être valide et conscient, si imparfaitement que ce puisse être, apparait sous un jour différent, presque insolite, un privilège exorbitant , très temporaire, dont il importe de faire bon usage avant que les forces noires, toutes puissantes, qui rôdent, ne nous le retirent.

[Pierre Bergounioux, Carnet de Notes, 1980-1990, p.669]

De curieux personnages de papier tissent des fils pour relier ceux qui vivent là

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visite

Il y a dans ta voix
De légers glissements de terre
Des petites brisures inattendues
Où s’engloutissent tes secrets
Que l’histoire recouvre

[Marie Huot, Visite au petit matin]

L’univers onirique de Diane de Bournazel, à découvrir ici :
http://www.dianedebournazel.org/

Quadrature du train

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Eve : Maintenant on en sait trop pour ignorer et  pas assez pour savoir.
Adam : Que rien ne dure ne peut pas durer.
Eve : La durée est faite de disparitions, elle est l’entassement de ce qui cesse.
Adam : Ou seulement en prendre conscience. Assister aux départs, c’est demeurer.
Eve : Mais le demeurant s’absente à son tour. Survivre n’a qu’un temps, on finit par prendre le train.

[Jean Grosjean, Adam et Eve]

C’est gentil d’être passé

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dassavray

Quelque part dans le sud, en direct de la vraie vie et en lien avec les forces étoilées, une femme écrit.
Chaque jour ici http://helene.dassavray.over-blog.com/ mais ça, en fidèles du Café du Port, vous le savez.

Et aussi dans 2 livres qui viennent de paraitre  :

C’est gentil d’être passé       à découvrir/commander ici : http://www.lepedaloivre.fr/
Femme de Lune et de Sagesse, Intégrale      à découvrir/commander ici : http://hors.cadre.over-blog.com/

De la poésie, le monde comme il va observé, un grain de folie et des pépites de vie, la danse de la lune dans la prairie, les mots d’Hélène…

Aux murmures d’éternités oubliées

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A la nuit noire nous allons à la Pointe Saint-Mathieu.
Les faisceaux du phare tranchent la nuit à intervalle régulier et
répercutent leur lumière sur les murs noirs de l’abbaye en ruine.
Le vent chante fort au dédale des pierres et la bruine pique le visage.
Quelques ombres nous frôlent, au loin sur la mer balises et feux se répondent.
Là-bas sommeillent Ouessant, Molène et Quéménès.
Une atmosphère étrange flotte sur la pointe occidentale du vieux continent. 

C’est une nuit particulière. Paraît-il qu’une frontière se dissipe et que deux mondes soudain
et furtivement peuvent communiquer. Rien ne prouve que ce soit faux…

Je veux croire à la bienveillance des esprits.
Ma voix dans la nuit pour un extrait du
Rituel breton de Xavier Grall.
Les mots prononcés dans l’absolu du présent, juste pour mémoire(s).
Aux murmures d’éternités oubliées.
Nous qui sommes vivants.

Lanterne

Mais moi je te chante, mon pays / avec tes morts et tes vivants / et tes coques de pin et tes cargos de fer
je te chante, moi, Grall Xavier Marie / Je te chante pour ta folie / pour tes bagages de rêves / pour tes Chouans, ô ma Celtie.

Il faut chaque jour gagner sa légende / il faut chaque jour célébrer la messe de l’univers.

Je te chante avec ma bouche dans la bouche de tes vents / je te chante avec mes mains dans la main de tes landes
je te chante, moi, Grall Xavier Marie / pour la liturgie de tes focs et la charité de tes misaines
pour tes marins perdus pour tes grèves de laine / et tes puissantes houles et tes doux paradis.

Notre-dame des îles et notre-dame des goémons / notre-dame des navires et notre-dame des houes
notre-dame des marins et notre dame des forbans / priez pour moi, l’Infidèle, pèlerin de tous les océans
et priez pour moi dans vos pardons au centre de vos étés / notre-dame des mimosas et notre-dame des genêts
priez pour moi à Raz, Molène et Douarnenez.

Ah quand je mourrai / enterrez-moi à Ouessant / avec mes épagneuls / et mes goélands
ah quand je mourrai / mettez-moi en ce jardin de gravier.

Ainsi soit-il.

[Xavier Grall, Le rituel breton]

Traversée

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La route bleue, c’est le livre par lequel j’ai découvert Kenneth White, en 1994 si je me souviens bien. Je le relis, presque 20 ans après, parce qu’au hasard des rayons d’une librairie, la nouvelle édition. Je relis ma vieille édition, couverture jaune, Grasset 1983, piquetée d’un peu de champignons papivore…

C’est un sentiment traversant. Etre traversée. Se sentir traversée.

route bleue