Archives de Catégorie: Finistère

Rincée

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Aber 3.jpeg
l’Aber désert gris
lavé rincé roulé mouillé
ça crépite aigu sur la vitre ouest et plus mat sur le toit de la voiture
les rouleaux accourent du large à l’assaut de la plage
immense déserte grise mouillée roulée rincée
c’est blanc c’est gris et les limites du monde :
buée sur les vitres / brume basse sur le marais et l’ile Aber

il est 16h, 9°, le 30.12.2015 en presqu’île de Crozon

en début d’après-midi chez S.
la sérénité puissante passé le seuil
percute l’agitation des fins d’années
elle porte un vieux modèle de pull
Saint-James marine
toute une histoire

48° 27,549’N, 05° 07,740’W

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La-chambre-de-veille    Beaucoup de gens ont la lucidité de ne pas se demander s’ils pourraient y vivre, car il faut une âme durcie au feu pour se nourrir de l’infinie variation du vide et de la lumière. Il ne faut plus croire en rien pour reconnaitre ici les réponses que cette terre porte à l’aurore et au crépuscule, comme les basculements de la vie vers la merveille.

[Alexis Gloaguen in La Chambre de Veille
résidence d’artiste au Créac’h, Ouessant, nov.2010 > fév.2011]

Vents courants

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Vents verts, vents gris chers à Xavier Grall, de retour.

Quittant Kerloc’h, le sentier désert monte vers l’ouest, roches millénaires feuilletées.

En contrebas une longue houle atlantique jusqu’à la plage.

En face, la côte de Dinan découpée, fauves, ocres, verts, et gris.

Thévennec et La Vieille, sur l’horizon ligne gris lumière.

Là bas le Raz, la Pointe du Van, Sein invisible. Et au-delà…quoi ?

Toute la vie là
dans les rafales qui poussent
la danse des herbes
les bruyères brûlées sous le tournoiement des oiseaux de mer.

Plus tard l’incendie précède la nuit.

Aucun ailleurs, aucun autre temps.

[Kerloc’h > La Tavelle ]

Estran pagan

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kerlou modif

Je me souviens un lundi volé au travail, le grand soleil bleu de l’hiver-presque, et l’âme magique du pays pagan.
Je me souviens avoir cherché Kerlouan sur une carte du Finistère pour mettre un lieu sur une gwerz de Denez Prigent.
Je me souviens avoir parcouru le village de pêcheurs en ruines désolées, ce devait être -forcément- l’hiver 1994, et je me souviens avoir enregistré, quelque part, la puissance des lieux et leur beauté intemporelle.
Je me souviens du chemin côtier, de la mer verte et bleue roulant en vagues violentes sur le sable blanc.
Je me souviens du champ de roches brunes acérées rongées par le flux et le reflux, au loin si proche la haute silhouette du phare de l’Ile Vierge.
Je me souviens, personne ou presque.
Je me souviens m’être déshabillée dans le grand vent puissant, et le froid saisissant de l’eau sur mes jambes et la sensation divine d’en vie.
Je me souviens les vagues et les gerbes d’écume qui claquaient sur les récifs juste derrière moi.
Je me souviens que toi, tu souriais, et tu prenais des photos.

Le temps que l’eau se pose

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hnoir

Dans le cube, à Brest.

Nuit noire maintenant.

A l’ouest, presque nord-ouest, la lumière a fuit, jaune puis verte, bleue, puis marine et noire.

La dorsale de l’Ile Longue s’allume, les carrés dans les cubes voisins aussi,

et dans les rues, l’écho sphérique des réverbères urbains.

Septembre déjà, septembre encore : une chance.