Archives de Catégorie: Cathédrales industrielles

Nocture

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Dans la nuit très tard je m’accoude à la fenêtre ouverte. Pleine lune, tout au sud-est sur la rade. Immobiles jardins. Immeubles éteints. Rues désertées. A la lisière du port les girafes-loups assoupis. Tout à coup déferlent des vagues de brume, au dessus de la rade d’abord, puis de la ville. Comme des fantômes glissants, elles engloutissent la lune, les lumières du port, les girafes-loups, et prennent corps dans le faisceau des lampadaires. Ainsi vivent les jardins, la nuit, en ville.

56

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Dans le 56.
Vieille pierre encore, un jardin magique humide.
Feu dans le poêle. Nous sommes plusieurs.
La première raclette de l’hiver.
Salade d’orange et ananas, kouign-aman de Douarnenez.
Sur la petite route on digère. La lumière d’hiver rase les  labours qu’elle dore et ombre.
Dans le lointain un silo agricole illuminé comme une cathédrale des temps modernes.
De chaque côté du chemin, un christ et une vierge de stuck se font face, blancs, sinistres.
M. porte son caban, superbe, marine et boutons dorés, col relevé.
Il y a « eux », ceux d’ici, et « nous »,  les passants.
Ensemble.

Trentemoult

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trentemoultTrentemoult
Ilot hors de la ville         hors dehors du temps         hors dehors nos vies
Attablées          -longue table de bois blond-         à La Civelle
Fin d’une matinée de soleil frais         soleil revenu         sent le printemps
Rôdent les ouvriers des chantiers          navals
Dans les ruelles étroites colorées         bric         broc         maisons        havre         home
Une fille emitouflée écrit          sur la terrasse
Le fleuve file         large et lent         vers la mer
Sur l’autre rive         rouillent les grues         les quais         les entrepôts
Ferrailles         entrailles         déraillent
Et là-bas les hautes façades blanches          de Nantes
Claquent les couleurs          explosent les lumières
C’est comme          le premier jour du printemps.

Forger l’acier rouge avec mes mains d’or

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street2
machines arrêtées
vieilles usines abandonnées
lumière d’été filtrée

nos pieds dans la poussière
dans les verrières nos yeux

peintures écaillées colorées
travaux d’anciens labeurs
ateliers rayés

nos pieds dans la poussière
dans les verrières nos yeux

l’été lumière arrêtée
usines machines filtrées
peintures labeurs écaillés

nos pieds dans la poussière
dans les verrières nos yeux