L’addition de la journée # 7

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Le 3.

Au lever du jour, lever du soleil, vent d’est, froid, mer formée, blanche.

Salutation au soleil à l’allée couverte de Bretteville, éternelle, immobile, témoins les ancêtres.
Fracture brève dans le temps.

A Saint-Vaast-la-Hougue, vagues furieuses claquant sur les digues, une brume épaisse et humide en provenance de l’est envahit la mer, déchirée à intervalle réguliers par la corne de brume, stridente.
« C’est lugubre, cette corne de brume ! »
(entendu sur le port, un couple entre deux âges, ils portent la même veste, le même bonnet, d’ailleurs il approuve).

Mais moi, j’aime ça, la corne de brume.

Mon côté austère sans doute, côté granite, côté ardoise, côté fille de la côte, oui c’est moi.
Grand vent, et donc corne de brume qui charrie l’air du large, vents verts, vents gris, chers à Xavier Grall…

A l’épicerie Gosselin, provision de thé vert à la violette (en promo) et thé vert Sencha Jardins de Mogador
la vendeuse renifle
les quidams déplorent une météo peu clémente.

Mais moi, j’aime ça : me sentir traversée par la météo, renaitre dans les vents, l’iode jusqu’à la plus petite cellule…

Sur la route du retour, Micro-fiction sur France Culture, le mot du jour : intuition.
« Quelquefois j’ai cru entendre la voix de l’intuition alors qu’il s’agissait de l’illusion ».
C’est une série, intitulée Y’a pas que Marie Curie dans la vie et ainsi présentée dans le programme de la radio :
Derrière chaque mot se dévoile une femme, et derrière chaque femme se cache un mot…
Une fois qu’on est devenue femme, à quoi le reconnait-on ?

Amarré au quai des transatlantiques depuis ce matin, le Marco Polo, un petit paquebot de croisière (700 passagers), jolie gueule, effilée sur l’avant, cheminée typique, bleu et blanc, envie de voyage encore.
Escale, en attendant.

Froid encore, écume sur les digues, vent forcissant encore.

Fin d’après-midi à la librairie Les Schistes Bleus, petite librairie indépendante, avec une âme, celle-là !
Agréable échange avec la libraire, choses simples et justes.
Je feuillette un James Sacré, le remets en rayon, j’hésite.
Je repars avec Désobéir dans l’entreprise (Edition Le passager Clandestin !!) et Le canapé rouge (Michèle Lesbre) parce-que ça se passe –un peu- dans le transsibérien…
Là encore, rien au-delà de Sarah Waters. Triste monde.

Retour home après un arrêt sur la plage d’Urville où les vagues se fracassent sans relâche.
Un kitesurfeur vole sur les flots

La nuit tombe, tard
Le vent forcit encore

Cake au citron, thé aux épices

Passage du Marco Polo au large
tous feux allumés dans la nuit de mer

Ecriture

La vie

La nuit, ici…

Vent.

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