La moitié du monde

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La Moitié du Monde

Chaque soir elle venait me voir
Je lui faisais la cuisine, je lui versais du thé
Elle avait la trentaine en ce temps-là
avait gagné quelque argent, vécu avec des hommes
Nous nous allongions pour donner et recevoir
sous la moustiquaire blanche
Et comme aucun compte n’avait commencé
nous avons vécu mille années en une seule
Les bougies brûlaient, la lune descendait
la colline luisante, la ville laiteuse
sans poids, transparente, lumineuse,
nous découvrant l’un et l’autre
sur ce sol fondamental
où l’amour est non voulu, débridé, délié
et où l’on trouve la moitié du monde parfait

(Leonard Cohen, Le livre du désir, p.235)

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